Harar, le joyau fortifié

Harar est une ville animée. À chaque coin de rue, vous pouvez apercevoir des commerçants et des acheteurs en train de négocier, des enfants qui courent dans tous les sens ou des vieillards qui farnientent. Dans cette cité, le chant de muezzin vous rappelle l'heure de la prière, car vous vous trouvez dans l'une des plus grandes terres de l'Islam.

Histoire

Également nommée Gēy, Harar doit sa fondation aux peuples d'Harla. Selon un récit dans les chroniques du Fath Madinar , le Clerc Abadir Umar ar-Rida et d'autres religieux s'installèrent à Harar en 1216. Ils furent accueillis par Harla et Argobba. Au même moment, le frère d'Abadir Fakr ad-Din créa le sultanat de Magadiscio. Les chroniques d'Amada Seymon I indiquent que Gēy devint une colonie Arabe et intégra le sultanat Adal au Moyen Âge.

Harar devint la capitale de sultanat Adal au cours du règne du Sultan Abu Bakr ibn Muhammad. La ville connut son âge d'or au XVIe siècle : la culture locale se développa grandement, les habitants apprirent le tissage, la reliure et le café.

Le sultan lança une guerre de conquête durant le XVIe siècle afin d'étendre son territoire. Le mur de protection , qui devint plus tard le symbole de la ville, fut édifié par son successeur Emir Nur ibn Mujahid.

Au cours de son histoire, Harar connut à maintes reprises des turbulences et des effusions de sang, à commencer par l'assassinat du souverain légitime Abu Beker Mohammad par le chef militaire musulman Ahmed Gragn. En 1528, la ville servit de base de lancement des raids Djihads contre l'empire chrétien éthiopien. De nombreuses églises furent détruites et le christianisme en Ethiopie menacée. Les musulmans continuèrent leurs assauts contre les chrétiens, sous la direction de Batti De Wambara , la veuve d'Ahmed Gragn, qui mourut durant la bataille contre l'empereur Gelawdewos en 1453.

La ville tomba sous le contrôle d'Emir Ali ibn Daud en 1647, qui y instaura une administration autonome. Mais les conflits entre tribus ne cessèrent pour autant. Néanmoins, la cité commença à se développer et devint un centre d'étude musulman.

En 1875, l'Egypte reprit le contrôle de la ville, créant une forte résistance dans la communauté musulmane de la ville. Une campagne contre les Egyptiens fut menée par l'Emir Abdullah jusqu'en 1885.

Depuis, Harar a perdu de sa notoriété de centre commercial. La construction de la ligne de chemin de fer entre Addis-Abeba et Djibouti, en passant par Dire Dawa, précipita son déclin. Néanmoins de son côté, la communauté musulmane réussit à faire d'Harar une ville spirituelle éthiopienne. Elle conserva son titre de capitale de la province d'Hararge jusqu'en 1994.

Harar aujourd'hui

Mosquées, minarets, marchés, centre d'étude musulman…, Harar est une ville fascinante d'une forte richesse culturelle. Malgré son passé mouvementé, elle a su conserver son identité. Elle dispose de sa propre langue et d'une monnaie locale. S'il fut un temps où il fallait plusieurs jours pour l'atteindre, aujourd'hui, une heure de route suffit pour rejoindre la cité depuis Dire Dawa. Harar est devenue une ville ferroviaire moderne , dotée d'un aéroport international et de quelques hôtels privés.

La population locale se compose de plusieurs groupes ethniques afro-asiatiques , tels que les Oromo, les Somaliens, les Gurages, les Tigrayans. Musulmans et chrétiens cohabitent sur le territoire en toute harmonie. La majorité parle le Harari , une langue sémitique éthiopienne pratiquée uniquement par les habitants d'Harar. Si la gente masculine s'habille de façon moderne, les femmes quant à elles continuent de porter des tenues traditionnelles en soie, avec des châles de couleurs vives et décorés d'or.

Harar est protégée par un mur de 3 342 m de long, constitué de pierres calcaires assemblées avec de la boue. Au nord, à l'est, au sud-est, au sud et à l'ouest, cinq portes représentant les cinq piliers de l'Islam desservent la ville. Le long des ruelles étroites, de jolies boutiques vous proposent des articles de cadeaux originaux et des paniers finement tissés.

Deux musées sont à visiter à Harar si vous souhaitez apprendre un peu plus sur l'histoire et la culture de la ville. Vous y trouverez des expositions de monnaies, de vêtements traditionnels, de bijoux, de paniers et de manuscrits. L'un des musées abrite le pistolet du patriote de Harar Dejazmach Teferra.

L'une des plus importantes traditions de la ville est le nourrissage des hyènes. Lors de cet évènement se tenant une fois par an, les hommes se donnent rendez-vous avec les bêtes et partagent avec elles un morceau de viande. Le spectacle est émouvant, vous montrant l'importance de cet animal considéré comme l'emblème de la ville.

Harar est une ville à priori musulmane, comptant plus de 110 mosquées et de nombreux mausolées. Toutefois, deux églises chrétiennes, dont l'église de Medhanie Alem édifiée par l'empereur Ménélik, sont présentes. Ces dernières ont hérité d'une décoration typiquement éthiopienne, avec des œufs d'autruche sur le toit pour symboliser la reconnaissance.

Dans la vieille ville, vous trouverez plusieurs lieux cultes et mosquées d'une blancheur immaculée. Les étals des artisans locaux, jonchés de tapis aux couleurs vives, constituent un véritable régal pour les yeux. D'autres lieux d'intérêts vous attendent à Harar, pour ne citer que la maison de Ras Mekonne , la maison d'Arthur Rimbaud, la mosquée Jami du XVIe siècle ou encore la montagne Kondulo.

De par la beauté de son architecture et de sa culture, la ville a reçu la distin ction internationale de l'UNESCO en 1989.

Climat

Harar hérite d'un climat subtropical des Hautes Terres. La température moyenne varie entre 14°C et 25°C. La précipitation moyenne annuelle est de 126 mm.

Comment y aller ?

  • En bus

Une compagnie de bus propose une navette entre Harar et Dire Dawa.

  • En avion

Harar est desservi par l'aéroport international Dire Dawa

Comment s'y déplacer ?

Vous pouvez prendre les minibus bleus et blancs ou adopter un véhicule de location pour vos déplacements à Harar. Il est également possible de visiter la ville à pieds. Engagez un bon guide pour ne pas vous perdre. Certaines ruelles sont toujours noires de monde.

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