Le loup d'Abyssinie

Le règne animal de l’Éthiopie compte de beaux spécimens insolites. Parmi eux figure le loup d’Abyssinie, l’un des canidés les plus rares et les plus menacés au monde. La science l’appelle Canis simensis, mais les autochtones lui attribuent le nom affectueux de « chacal du simien », « renard du simien », ou « cabéru », rappelant par là son caractère endémique associé aux hauts plateaux de l’Éthiopie.

Redoutable prédateur de rongeurs, le loup d’Abyssinie hante les prairies et les landes afroalpines d’Amhara, région de l’Éthiopie centrale. Il vit en société durant le jour, mais la meute s’éparpille la nuit pour chasser en solitaire. Élégant comme le renard, vorace comme le loup, pourvu de grandes oreilles comme le fennec, le cabéru est une merveille de la nature.

Amateurs d’aventure, de montagnes et de faune sauvage, vivez une expérience inoubliable en partant à la rencontre de ces loups uniques d’Abyssinie. À cette fin, deux adresses seront à retenir : le parc national du mont Balé et le parc national du Simien.

Histoire      

Le loup d’Abyssinie tire son nom du royaume d’Abyssinie, qui désignait à l’origine l’État de l’Éthiopie. Cette espèce est donc  native et endémique du pays de Lucy.

Le mérite de sa découverte revient au naturaliste anglais Edward Rüpell. Il a décrit scientifiquement l’espèce en 1835. Le premier document historique faisant une allusion au loup d’Ethiopie est fourni au iiie siècle par Gaius Julius Solinus, un chroniqueur et homme de lettres latin, qui le présentait comme un animal à crinière particulière. « Ils [les loups d’Ethiopie] sautent si haut comme s’ils avaient des ailes, […] ils ne s’en prennent jamais aux hommes ». De leur côté, les récits de voyage des écrivains occidentaux rapportèrent que les Éthiopiens ne se couvraient jamais du pelage de la bête. En effet, une vieille superstition dit que le porteur du pelage mourra si le poil entre en contact avec une blessure récente.

Il y a des décennies, les loups d‘Abyssinie ont failli disparaître. Entre fin septembre 2003 et janvier 2004, leur population a connu une perte dramatique dans le parc du Mont Balé ; 65 individus parmi ces loups ont succombé de la rage probablement transmise par les chiens domestiques des bergers qui venaient paître aux environs de leur territoire. En 2008, leur effectif tombait à 500 individus.

Le loup d’Abyssinie aujourd’hui

Le loup d’Abyssinie, appelé aussi le loup d’Éthiopie, est le 2e canidé le plus rare de la planète après le loup rouge. Connu localement sous le nom de cabéru, il comprend deux sous-espèces : le Canis simensis simensis  et le Canis simensis citernii. On le retrouve principalement dans les chaînes montagneuses du Balé et du Simien, à une altitude comprise entre 3 000 et 4 370 m. Avec sa taille mesurant entre 1,3 et 1,5 mètre, ce canidé n’aurait aucun mal à capturer les cerfs, les bisons, les lapins ou n’importe quel bovidé. Mais pour apaiser son appétit, il a besoin de chasser des rongeurs, notamment le rat-taupe géant.

Comportement social

La société des cabérus est fortement hiérarchisée : ils se déplacent par groupe de 6 à 20 adultes, à la tête duquel se trouve un mâle dominant. En cas de pénurie des ressources, l’espèce vit par paire. Leur zone de chasse s’effectue généralement sur un rayon de 6 km. Ils ont une activité diurne : vivant en meute, mais préférant chasser solitairement.

La ressemblance entre le loup d’Abyssinie et le renard est frappante. Cependant, son museau de forme allongée et sa robe fauve clair permettent facilement de le distinguer. Ce long museau le rend capable de fouiner dans les terriers et de capturer les proies les plus fuyantes.

Comportement alimentaire

Le cabéru vit principalement de rongeurs, ce sont leurs proies de prédilection. Faute de mieux, il ne refuse pas de compléter son régime alimentaire par des oiseaux, des charognes, voire des antilopes ; bref, presque tout ce qui se trouve sur son territoire.

Pour traquer les rongeurs, le cabéru a développé une technique de chasse infaillible : se fondre dans les troupeaux de geladas ! Cette étonnante cohabitation avec les singes-lions s’explique par le fait que les loups se réservent d’épargner les jeunes singes. En retour, les geladas les aident à chasser en fouinant les terrains pour faire ressortir les rats-taupes géants qui se cachent au fond de leur terrier. Il s’avère que la chasse parmi ces geladas soit beaucoup plus fructueuse. Chacun est gagnant !

Ces loups sont surtout connus pour marquer et défendre leur territoire contre l’intrusion d’autres animaux.

Les louves reproduisent une fois tous les ans et mettent bas leurs petits au bout de 60 jours de gestation.

Le loup d’Abyssinie, une espèce en danger

Cette espèce est aujourd’hui menacée de disparition sous l’action de l’homme : d’une part, les sols riches et fertiles habités par le loup d’Abyssinie sont colonisés de plus en plus par les paysans ; d’autre part, le surpâturage, la compétition avec les animaux domestiques ou les autres loups d’Afrique ainsi que le croisement avec les chiens ont contribué à une forte diminution de l’effectif des loups d’Abyssinie.  Les feux de végétation intentionnels ou accidentels sont également courants dans les landes montagneuses fréquentées par les loups..

Pour lutter contre l’extinction de l’espèce, les  le Gouvernement a créé les parcs nationaux du Mont Balé et du Mont Simien. Ce sont là les deux meilleurs endroits pour observer les loups d’Abyssinie, et l’espèce est endémique des haut-plateaux des montagnes d’Éthiopie.

Les cabérus comptent actuellement plus de 500 individus. On les trouve en majorité dans le plateau de Sanetti au cœur du parc national du Mont Balé, et éventuellement entre le mont Imet Gogo et le camp de Geech puis Chenek, au sein du parc national du Simien. Ces montagnes sont des paradis qui ont de quoi vous surprendre à travers leur faune et flore endémique. En effet, vous pouvez traverser des champs de lobélies géantes où une grande végétation bigarrée couvre les pistes ; vous pouvez également vous mettre à l’affût des loups d’Abyssinie, et bien d’autres espèces animales.

Comment voir le loup d’Abyssinie ?

Les meilleurs endroits pour rencontrer les loups d’Abyssinie sont le parc national du Mont Bale, en particulier sur le plateau du Sanetti, et le parc national du Simien dont les Monts Imet Gogo et Chenek, qui se trouvent respectivement au sud et au nord d’Addis-Abeba.

Destination le parc national du Mont Balé :

Depuis Addis-Abeba, vous pouvez prendre l’avion jusqu’à Goba puis continuer sur route jusqu’au parc, ou alors vous prenez le bus depuis la capitale. Les montagnes de Balé sont un peu difficiles d’accès à cause du mauvais état des routes. Il est conseillé de vous rendre jusqu’au plateau de Sanetti, car c’est le meilleur endroit pour observer les loups d’Abyssinie.

Destination le parc national du Simien :

Envolez-vous pour Gonder depuis la capitale, puis poursuivre sur route jusqu’au parc national. Au cours du trek en montagnes, vous aurez l’occasion de sillonner des champs de lobélies géantes et avoir une vue fantastique surtout depuis Imet Gogo. Il est conseillé de vous rendre jusqu’au camp de Chenek, car c’est l’endroit le plus privilégié pour rencontrer les loups d’Abyssinie.

Vie sauvage
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