Eglise Debre Birhan Selassie

Eglise Debre Birhan Selassie

Eglise Debre Birhan Selassie

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SpiritualitéSites UNESCOHistoireReligion7 min de lecture

À Gondar, l'église Debré Berhan Sélassié conserve un plafond peint de 135 chérubins et un mur d'enceinte aux 12 tours symboliques. Guide de visite.

Perchée sur une colline au nord-est de Gondar, l'église Debré Berhan Sélassié est l'un des édifices religieux les mieux conservés du nord de l'Éthiopie. Son nom signifie « mont de la lumière de la Trinité ». Elle est célèbre pour ses fresques murales du XIXe siècle, son plafond couvert de visages d'anges et sa survie face au sac de Gondar en 1888.

Pourquoi visiter Debré Berhan Sélassié

L'église concentre plusieurs intérêts en un seul lieu : un témoignage architectural du style gondarien (toit de chaume à deux niveaux, plan rectangulaire), un programme peint d'une densité rare en Éthiopie orthodoxe, et une histoire marquée par les invasions et la légende. Contrairement aux autres sanctuaires de Gondar, incendiés en 1888, celui-ci est resté debout. Sa fréquentation reste modérée et la visite, courte (comptez 45 min à 1 h), s'intègre facilement dans un circuit autour de la ville impériale.

Histoire de l'église

L'édifice actuel s'inscrit dans la grande période gondarienne, époque où les empereurs éthiopiens dotent leur capitale d'églises et de palais. La tradition locale attribue sa construction au règne d'Eyasu (Iyasu), entre la fin du XVIIe siècle et la fin du XVIIIe siècle selon les sources — la datation oscille entre Iyasu I (Eyasu le Grand, fin XVIIe) et Eyasu II (milieu XVIIIe), point encore débattu par les historiens.

Avant l'église rectangulaire que l'on voit aujourd'hui, un premier sanctuaire à plan central d'environ 30 mètres de diamètre s'élevait sur le site. Selon la tradition, il aurait été détruit par la foudre. Les fondations en sont encore visibles le long des côtés nord et sud du bâtiment actuel.

En 1888, les Derviches mahdistes venus du Soudan saccagent Gondar et incendient toutes ses églises. Debré Berhan Sélassié est la seule épargnée. La tradition raconte qu'un essaim d'abeilles surgit pour repousser les assaillants et que l'archange Michel se serait posté devant la porte principale, une épée flamboyante à la main. L'épisode a renforcé l'aura sacrée du lieu, qui reste un haut lieu de pèlerinage.

En 1979, Gondar et ses ensembles monumentaux, dont Debré Berhan Sélassié, sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Les fresques ont depuis fait l'objet d'un programme de restauration sous l'égide de l'organisation.

Que voir sur place

L'enceinte et les douze tours

Le site est ceint d'un mur de pierres percé de portes en bois cintrées. Douze tours circulaires symbolisent les apôtres. Une treizième tour, plus haute, évoque le Lion de Juda, emblème de la dynastie salomonienne. La queue du lion est gravée au-dessus de la porte ouest, et son empreinte se devine dans la partie haute de la tour pour les visiteurs attentifs.

L'architecture du bâtiment

L'église mesure 27 mètres de long sur 7,40 mètres de large. Un déambulatoire couvert de 2,30 mètres entoure le sanctuaire. Côté ouest, un narthex de 10,30 mètres ouvre l'accès au lieu de culte ; il s'agit du seul espace doté de fenêtres. À l'est, le sanctuaire appelé « Maqdas » est réservé aux prêtres et abrite le tabernacle.

Les fresques et le plafond aux 135 chérubins

Les peintures intérieures, datées entre 1815 et 1825, couvrent les murs et le plafond. La tradition les attribue à Haile Meskel, mais la recherche conteste cette paternité. Le plafond est l'élément le plus reconnaissable : 135 visages de chérubins peints en rangées régulières, aux grands yeux expressifs, fixent les visiteurs. Treize d'entre eux ont été effacés par des infiltrations d'eau.

Sur les murs, on identifie des scènes bibliques, des saints orthodoxes éthiopiens (dont Saint Georges, patron du pays) et la Trinité. Derrière le tabernacle, une vaste représentation de l'enfer aligne le diable, des démons ricanants et des pécheurs torturés. Au-dessus de l'autel, une Crucifixion saisissante domine le sanctuaire. Sur la galerie du second étage, des fenêtres à rideaux permettaient à l'empereur Eyasu II et à sa mère d'assister aux offices à l'abri des regards.

Quand y aller

L'église se visite toute l'année. La saison sèche, de octobre à mai, est la plus confortable pour circuler dans Gondar et profiter de la lumière sur les fresques. Deux temps forts du calendrier orthodoxe valent la peine d'être ciblés : Meskel (fin septembre, fête de l'invention de la Vraie Croix) et surtout Timkat (mi-janvier, Épiphanie éthiopienne), qui donne lieu à de grandes célébrations à Gondar. L'affluence augmente alors sensiblement, mais l'atmosphère liturgique est exceptionnelle.

Comment s'y rendre

L'église se trouve à environ 2 à 3 km du centre de Gondar, sur une colline au nord-est de la ville.

  • En bajaj (tuk-tuk) : moyen le plus pratique et le plus économique. Les chauffeurs connaissent le site ; le trajet dure quelques minutes.
  • En taxi : option un peu plus confortable, négociable en aller-retour avec attente sur place.
  • À pied : compter 30 à 45 min depuis le centre, sur un chemin légèrement en pente. Prévoir des chaussures adaptées et de l'eau.

Informations pratiques

  • Horaires : ouverture le matin et l'après-midi avec une pause méridienne. Vérifiez sur place, les créneaux peuvent varier.
  • Tarif : entrée payante, en birr éthiopien et en espèces. Les recettes contribuent à la conservation. Un don aux prêtres est apprécié si vous bénéficiez d'une visite guidée.
  • Tenue : épaules et jambes couvertes obligatoires.
  • Chaussures : à retirer avant d'entrer dans l'église.
  • Accès : porte principale pour les hommes, porte latérale pour les femmes, conformément à l'usage orthodoxe.
  • Photographie : autorisée à l'extérieur, parfois restreinte à l'intérieur pour préserver les fresques.

À voir autour de Gondar

Debré Berhan Sélassié s'inscrit dans un ensemble d'attractions complémentaires :

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Comptez 45 min à 1 h sur place, davantage si vous assistez à un office ou prenez le temps de faire le tour de l'enceinte aux douze tours.

Oui, des offices sont régulièrement célébrés dans l'église. Les visiteurs peuvent y assister à condition de respecter la tenue, le silence et les règles d'accès. Les célébrations les plus marquantes ont lieu lors de Timkat et Meskel.

Les 12 tours circulaires du mur d'enceinte symbolisent les douze apôtres. La treizième, plus haute, représente le Lion de Juda, emblème de la dynastie impériale éthiopienne. Sa queue est gravée au-dessus de la porte ouest.

Les peintures actuelles ont été réalisées entre 1815 et 1825. La tradition les attribue à l'artiste Haile Meskel, attribution contestée par la recherche. Elles ont été restaurées sous l'égide de l'UNESCO.

Oui, conformément à l'usage de l'Église orthodoxe éthiopienne : les hommes empruntent la porte principale, les femmes la porte latérale. À l'intérieur, les fidèles se tiennent également de part et d'autre.

Préparer votre voyage

Debré Berhan Sélassié s'inscrit dans un itinéraire classique du nord éthiopien, entre Gondar, Lalibela, le Tigré et le lac Tana. Pour construire un circuit sur mesure incluant Gondar et ses églises, consultez nos voyages en Éthiopie.

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